
L'Ecole Normale de Liancourt et l'Ecole Dabalor
En 2002, à Liancourt, une petite ville reculée dans la région de l'Artibonite, Lorson Ovilmar et Esdras Dersima ont fondé une école particulière, qui remplit une double fonction: le matin, plus de 180 enfants (du jardin d'enfants à la 4ème primaire) bénéficient de l'enseignement de l'école Dabalor. L'après-midi, dans les mêmes locaux, arrivent environ 70 étudiants à l'Ecole Normale de Liancourt, dans le but de se former à l'enseignement primaire. Ceux-ci suivent une formation de trois ans.
Afin d'améliorer les conditions d'apprentissages des enfants et des étudiants, Lorson et Esdras ont collaboré, en 2005, avec quelques acteurs suisses (en lien avec Eirene) afin de construire des panneaux solaires, leur permettant d'accéder à l'électricité. Depuis ce jour, l'école peut fonctionner avec de l'éclairage, de l'informatique, de la musique...
Depuis sa création en 2002, plus de 40 instituteur-trice-s ont été formé-e-s et ont trouvé un emploi. Plus de 200 enfants et leurs parents ont ainsi été touchés par cette nouvelle pédagogie non violente et citoyenne. En effet, cette école a la particularité de reposer sur les principes d'une pédagogie active. En effet, les enseignants de l'école Dabalor (auparavant étudiants formés par Lorson et Esdras) évitent de se baser uniquement sur le «par coeur» (pratique encore très courante en Haïti), mais tentent de donner à l’enfant la possibilité d’être l’acteur de son apprentissage. Les habitants de Liancourt ont été sensibles à cette manière d'enseigner et de plus en plus de familles souhaitent y inscrire leur enfant.
Malheureusement, les locaux actuels ne suffisent vraiment plus à accueillir tous ces enfants, ni à pouvoir ouvrir des classes de tous les degrés primaires. De plus, les propriétaires de ces locaux souhaitent les récupérer: tous les écoliers et étudiants risquent de se retrouver sans école du jour au lendemain, ce qui serait dramatique.
C'est pour cela que Lorson et Esdras ont créé un projet de construction d'école non loin du bâtiment actuel. Les plans sont là, ainsi que le terrain et les pierres, mais il manque encore l'argent qui nous permettra de concrétiser ce beau projet, devenu nécessaire pour la survie de cette école "pas comme les autres".
Suite au séisme du 12 janvier, de nombreux enfants réfugiés de Port-au-Prince sont venus grossir nos rangs, mais nous avons dû en refuser tout de même, à cause de ces problèmes de locaux trop petits et inadaptés. Il était terrible de voir certains parents repartir en pleurant. C'est pour cela que nous sommes en train de modifier d'urgence les plans selon des normes anti-sismiques et anti-cycloniques et nous planifions de démarrer au plus vite les travaux, même si la somme totale est loin d'être réunie. Nous devons commencer en septembre prochain dans le nouveau bâtiment.